Après avoir causé des dégâts considérables entre 2018 et 2022, avec des volumes de bois scolytés dépassant 1,2 million de mètres cubes en 2019 et 2020, le scolyte typographe (Ips typographus) semblait marquer un retour à l'équilibre. Les volumes touchés avaient fortement diminué pour atteindre environ 100 000 m³ en 2024, une tendance confirmée en 2025 et 2026 avec une activité globalement faible.
Cependant, depuis la fin du mois d'août 2026, de nombreux gestionnaires forestiers signalent des piqûres fraîches sur des épicéas encore verts. Ces observations, réparties sur différentes zones du territoire wallon, témoignent d'une reprise marquée de l'activité de l'insecte. Des constats similaires sont rapportés dans plusieurs pays européens, notamment en France et en Allemagne. Les conditions climatiques particulièrement chaudes et sèches de 2026 ont favorisé le développement du ravageur, correspondant probablement à une troisième génération.
Bien qu'il soit trop tôt pour affirmer l'arrivée d'une nouvelle crise comparable à celle de 2018-2021, l'Observatoire wallon de la Santé des Forêts (OWSF) recommande une attention particulière pour limiter l'installation de nouveaux foyers. Les actions entreprises à l'automne et à l'hiver auront une influence directe sur la situation en 2027. Une détection précoce et une gestion rapide des arbres infestés restent les meilleurs moyens de limiter le risque de pullulation locale.
L'OWSF préconise de renforcer la surveillance des peuplements en recherchant des symptômes tels que des trous d'entrée, de la sciure au pied du tronc, une décoloration du houppier ou une chute anormale des aiguilles. En cas de doute, le soulèvement de l'écorce peut confirmer la présence des galeries ou des insectes. Les arbres récemment attaqués doivent être exploités et évacués hors forêt dans les meilleurs délais, ou écorcés si l'évacuation n'est pas réalisable, afin d'interrompre le cycle de développement de l'insecte.
Il est également recommandé de limiter les stocks de bois en forêt, car les grumes d'épicéa et les chablis constituent des supports de reproduction favorables au typographe. Ces bois devraient idéalement être évacués ou traités avant le 31 mars 2027 pour réduire le potentiel de multiplication de l'insecte au début de la prochaine saison de végétation.




